Annick, sa vie avec l'hépatite C attrapée par transfusion
le 21/11/2008 à 12h53
Annick F., 67 ans, vit avec une retraite de 600 euros par mois, le minimum social.
« Si j'avais pu travailler normalement, j'aurais eu une retraite plus élevée, mais je me suis retrouvée en longue maladie trop tôt. Mon avocat a fait le nécessaire mais comme toujours, la partie adverse refuse de reconnaître ses torts et ralentit la procédure à coups de contre-expertises. La dernière m'a coûté 1600 euros, que j'ai dû emprunter. Quand vous voyez toutes les difficultés administratives et judiciaires qui se dressent devant vous alors que vous êtes affaibli par la maladie et les insomnies, vous avez juste envie de baisser les bras. Je sais que beaucoup de victimes de ces transfusions sont mortes dans le silence pour la plus grande majorité. Moi, je continuerai jusqu'au bout, quoiqu'il arrive, puisque aujourd'hui, avec un quatrième avocat, je vais en cour d'appel. »
Le vieil homme et le cimetière chrétien de Kabylie
le 20/11/2008 à 23h52
C'était il y a deux ans. Comme chaque année au mois d'août, je me retrouve en Algérie pour les grandes vacances. Et comme à chaque fois, c'est mon oncle qui vient nous chercher à l'aéroport de Bejaia avec son taxi. Très pratique pour nous, l'oncle taxieur, on ne se fait pas arnaquer question transports. Nous sommes en famille dans le taxi et allons rejoindre notre maison située à 50 kilomètres de là, dans un village kabyle. En chemin, nous passons devant un cimetière, toujours le même depuis des lustres. Ce cimetière n'est pas comme les autres. Il est rempli de croix. C'est un cimetière chrétien. Je n'avais encore, jusque-là, jamais vu de signe de la religion chrétienne en Algérie. Ça m'a fait tout bizarre sur le coup. Mais en y repensant, je me suis dit :
« Bah oui, des Français ont vécu ici pendant plus d'un siècle. »
J'ai testé le hammam à Bondy !
le 20/11/2008 à 12h53
« Le temps d'un rêve », c'est le nom du hammam de Jahida Hameurlaine, ouvert à Bondy depuis maintenant trois mois. Ce sont aussi quatre mots qui résonnent dans ma petite tête avant d'y aller. Un nom pareil, ça fait rêver. Et ça interpelle : un peu vendeur, peut-être ? J'appréhende donc le moment où j'y mettrai un doigt de pied. En ressortirai-je purifiée, zénifiée, avec les joues roses d'un bébé ? Le jour où je m'y rends, en tout cas, je suis lessivée par une semaine intense de travail.
Barack « le méchant » et Hussein « l'épouvantail »
le 19/11/2008 à 23h53
13 octobre 2008. Ce dimanche matin, sur la plage de Santa Monica, Los Angeles, des citoyens ont planté plus de 4100 croix de cimetière, marquant le nombre de soldats américains déjà morts en Irak. Des photos montrent des victimes civiles irakiennes et des soldats mutilés rentrés chez eux, des hommes, des femmes parmi les 62 000 blessés dans cette guerre inutile. « Voilà ce que nous avons payé depuis 2003, en hommes et en dollars : sommes-nous plus en sécurité maintenant ? » demande abruptement une affiche. Abruptement mais sereinement aussi, car il ne s'agit pas de prendre parti politiquement, juste d'établir les faits et proposer aux citoyens d'en discuter, sans passion.
« Nous ne sommes pas une agence de réhabilitation de la banlieue »
le 19/11/2008 à 12h55
Sous-sol de la bibliothèque de Bondy. Il est 9h30. Les retardataires débarquent essoufflés, la séance de l'Ecole du blog peut commencer. L'intervenant du jour s'appelle Frédéric Boisset (photo, à droite de dos). Frédéric est reporter pour la chaîne privée M6. Ce matin, il s'est levé de bonne heure, pour nous parler de la « conception et de la réalisation d'un documentaire TV ». Mais Frédéric est aussi venu pour s'expliquer, une nouvelle fois, sur son reportage « Un été dans la cité ». Un reportage qui a suscité la controverse dès sa diffusion, au début du mois de septembre sur M6. Ce documentaire d'une quarantaine de minutes nous immergeait dans une cité de Sarcelles, le temps des grandes vacances. Des associations et quelques habitants du quartier ont dit tout le mal qu'ils pensaient de « cet énième reportage sur la banlieue ».
Ahmed Aboutaleb, l'Obama des Pays-Bas, maire de Rotterdam !
le 18/11/2008 à 23h53
Rotterdam, port néerlandais entièrement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, affiche une audace architecturale des plus impressionnantes, et une audace politique sans précédent. Le pont Eramus s'y fait voler la vedette par Ahmed Aboutaleb, premier maire allochtone de la ville et du pays. Evidemment, Ahmed Aboutaleb est néerlandais, sans quoi il ne pourrait prétendre à aucun mandat électoral, mais il est également marocain de naissance. Arrivé aux Pays-Bas à 15 ans, l'adolescent préfère les bancs de l'école, où il décroche un diplôme en télécommunications, aux célèbres coffee shops, sans doute guidé par l'éducation de son père imam. Il se dirige par la suite vers les médias, avant de rejoindre le Partij van de Arbeid (PvdA), parti travailliste néerlandais.
Algérie, ode au pays perdu
le 18/11/2008 à 12h55
1997. Une secousse remue les salles obscures. Les immigrés font irruption sur grand écran. Ils n'avaient pas demandé la permission. « Les pères », « les mères » et « les enfants » se confient à la documentariste Yamina Benguigui et offrent, au cinéma français, leurs mémoires. En 2008, à la Cité de l'immigration à Paris, le film est toujours d'actualité. Vendredi et samedi, la trilogie benguiguienne a été projetée en ouverture du festival « Féminin pluriel ». Une semaine où les femmes, le cinéma et l'immigration se mettent en ménage. L'occasion de se souvenir de ce film mythique.
Comment j'ai empêché la fabrication d'un cocktail Molotov
le 17/11/2008 à 23h53
L'autre jour, je faisais les boutiques à Aubervilliers Quatre Chemins. En rentrant chez moi les bras chargés de courses, j'ai assisté à une scène originale. Il faisait nuit et je ne voyais pas bien les visages, mais une chose est sûr, c'est que les visages de ces jeunes-là, je ne les avais jamais vus. L'un d'eux avait un torchon à la main qu'il voulait à tout prix faire passer par le goulot d'une bouteille de Whisky. Sans le savoir, j'assistais à la fabrication d'un cocktail Molotov !
Le combat de Sonia Imloul
le 17/11/2008 à 12h14
Sonia Imloul, membre du Conseil économique et social et à la tête de Respect 93, association de prévention de la délinquance en Seine-Saint-Denis, nous a permis de rencontrer Frédérique et Nelly, deux mères confrontées à des situations impossibles (lire l'article précédent de ce matin). « Ce n'est pas à la justice de régler les problèmes que rencontrent ces familles avec leurs enfants violents à l'école, clame-t-elle. Il faut à la place une politique familiale et non judiciaire. » Pour frapper haut et fort, elle a adressé en octobre un manifeste au président de la République, dans lequel elle lui demande d'instaurer une « véritable politique de prévention ». Le manifeste a reçu le soutien de députés, Delphine Batho et Julien Dray (PS), Hervé Mariton (UMP) et Jean-Christophe Lagarde (NC), entre autres.
Enfants violents à l'école : des familles désemparées
le 17/11/2008 à 0h16
La Courtille, à Saint-Denis, est un ensemble de barres d'immeubles coincé entre une nationale et un grand terrain de football. C'est dans cette citée que réside la famille R. : le père, la mère et leurs cinq enfants, une fille et quatre garçons. Dans ce F5 situé au quatrième étage vivent aussi cinq chats, animaux de compagnie. Les conditions de vie sont précaires. Le père, « licencié économique », va commencer un CDD qui se transformera, sa femme croise les doigts, en CDI. Le dernier de la famille, Killian, un beau garçon de 8 ans, élève d'une classe de CE1, est ce que l'éducation nationale appelle « un enfant hautement perturbateur ». Pour les parents, c'est une épreuve de tous les jours.
Portraits sans clichés
le 16/11/2008 à 0h32
« Je ne sais pas ce que j'ai avec cette religion. »
En effet, que ce soit avec les réfugiés bosniaques, les jeunes de la banlieue marseillaise, ou les femmes de la région parisienne, la photographe hollandaise Ilse Frech s'intéresse de près à l'islam et aux musulmans d'Europe. Depuis maintenant 3 ans, cette trentenaire travaille étroitement avec de jeunes musulmanes qui ont accepté de se confier et partager leur intimité. Une manière pour Ilse de questionner notre identité : qui nous sommes et comment les autres nous voient ?
Le congrès grince
le 14/11/2008 à 23h55
Y a-t-il un leader PS dans ce TGV, un gars ou une fille qui donnent confiance à la famille socialiste ? A cette question, personne parmi les passagers qui s'apprêtent à prendre le train à la gare de l'Est n'est capable de formuler un semblant de réponse. « L'ambiance au PS n'a rien à voir avec l'état d'esprit d'un congrès, j'ai l'impression d'aller à Reims pour enterrer une vielle tante », me glisse une militante, motion D, qui veut garder l'anonymat. Etes-vous à ce point en danger Madame ? « Non, pas vraiment, mais je ne veux pas froisser les camarades déjà meurtris par tant de blessures ». La famille PS a mal au ventre, sale week-end en perspective.













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