Les autres thématiques

Paris Libre
Fiche Blog

Paris Libre

http://parislibre.lalibreblogs.be/

Bernard Delattre

France

Politique Paris Belgique Bernard Delattre La Libre Belgique Wallon Correspondant

Le blog de Bernard Delattre, correspondant de "La Libre Belgique", quotidien d'information wallon, à Paris.

Votre note :

Moyenne :

Nouvelles notes publiées
  • 02/01
  • 31/12
  • 30/12
  • 26/12
  • 24/12
  • 23/12
  • 22/12
  • 18/12
  • 17/12
  • 16/12
  • 15/12
  • 12/12

Un bilan

le 02/01/2009 à 10h53


Un an aujourd?hui, jour pour jour, que la France a interdit le tabac dans les lieux publics et singulièrement dans les lieux de convivialité: cafés, bars, restos, discothèques, etc. Le bilan de cette loi est mitigé.

 

Côté pile, la qualité de l?air ambiant dans ces lieux s?est incontestablement améliorée. Le tabagisme passif, que subissait notamment le personnel travaillant dans ces lieux, a été éradiqué. Les spécialistes s?attendent à «un impact fantastique» en termes de santé publique: une réduction d?une dizaine de pourcents du nombre d?hospitalisations pour infarctus du myocarde. Enfin, tous les sondages montrent que cette loi est assez populaire: elle est plébiscitée aussi bien par les fumeurs que par les non-fumeurs. Dans l?ensemble, elle est donc assez bien respectée. En région parisienne, en un an, seuls 384 fumeurs et 228 patrons d?établissements récalcitrants ont été verbalisés.

 

Côté face, reste un gros problème à régler dans les terrasses, qui sont devenues les lieux de refuge des fumeurs et dont l?atmosphère, du coup, est souvent irrespirable. La loi pose aussi un problème économique. La baisse du chiffre d?affaires des lieux de convivialité due à l?interdiction du tabac est évaluée entre 1,5 % (estimation des économistes) et 10% (calculs des syndicats). Elle ne va pas arranger l?impact de la crise générale déjà subi par ce secteur. L?interdiction du tabac dans les cafés y a fait revenir une nouvelle clientèle (familles avec enfants, personnes âgées, etc.), à certaines heures notamment (l?après-midi). Mais elle a fait fuir les fumeurs invétérés. Elle tend à écourter souvent les durées de consommation (au déjeuner par exemple, les gens zappent le dessert ou le café pour sortir fumer). Et, dans les centres urbains animés, elle est à l?origine de troubles du voisinage. Sans parler de la plaie environnementale des trottoirs transformés en grands cendriers et des chauffages de terrasses très énergivores.

 

Enfin, surtout, nouvelle loi ou pas, les Français ne fument pas moins.  Selon l?office de prévention du tabagisme, cette loi n?a eu «aucun impact» sur le nombre de fumeurs réguliers ou occasionnels, qui continuent à représenter, en gros, un tiers de la population. C?est évidemment le principal constat négatif, même si tout le monde s?y attendait un peu en vertu du vieux principe selon lequel punir, interdire, cela n?a jamais suffi à convaincre et à infléchir.


Un déploiement

le 31/12/2008 à 12h12


En ce jour de St-Sylvestre, les autorités ont incontestablement voulu marquer les esprits. De mémoire de Parisien, on n?avait jamais vu cela depuis de très nombreuses années: le dispositif de sécurité déployé dans la capitale est d?une ampleur sans précédent.

 

Ces dernières années, le 31 décembre, 4.500 hommes assuraient la sécurité dans la capitale. Cette année, ils seront carrément au nombre de? 7000! La ville va donc être quadrillée de policiers, de gendarmes et de pompiers. Cette fois, on a même fait appel aux militaires et aux unités mobiles de la réserve nationale. Tout ce joli monde a pour tâche de réprimer «tout acte qui viendrait gâcher l?esprit de fête devant prévaloir tout au long de la soirée dans la capitale». Voilà les fêtards prévenus. Ce soir à Paris, il ne s?agira pas de faire le mariole.


Un aveu

le 30/12/2008 à 11h12


La France est décidément le pays de tous les paradoxes. On le voit bien ces jours-ci, en matière de soins de santé. Ainsi, dans ce pays, un sexagénaire peut mourir dans une ambulance après que les services de secours eurent, pendant six heures, vainement cherché un service hospitalier de réanimation capable de l?accueillir. Cela s?est passé dimanche, en région parisienne. Mais ce pays peut aussi, quelques jours plus tôt, affirmer, par la voix de son ministre de l?Intérieur, avoir parfaitement géré un vaste exercice de simulation antiterroriste ayant fait, outre 103 morts, 312 blessés fictifs.

 

D?où, cette question de base. Si déjà on n?arrive pas à trouver un hôpital à un pauvre cardiaque un dimanche en plein c?ur de la région parisienne, sera-t-on vraiment capable de gérer 312 blessés causés en quelques heures seulement par une catastrophe majeure? L?opinion est priée de le croire. Hier, cependant, des médecins en colère ont fait voler cette fiction en éclats.

 

«Ces scénarios de gestion d?attentats ne sont absolument pas crédibles», a assuré ainsi, à la radio, un dirigeant de l?Association des médecins urgentistes de France (AMUF), pour qui «rien que le quotidien est déjà une gestion de catastrophe? » Voilà un aveu qui a au moins le mérite d'être clair. Si donc des terroristes devaient envisager de frapper l?Hexagone, les Français n?ont plus qu?à croiser les doigts et à espérer qu?ils soient assez aimables et patients d'attendre que les hôpitaux en aient fini avec les congés des fêtes de fin d?année, les épidémies de grippe, de gastroentérite ou de bronchiolite.


Une diminution

le 26/12/2008 à 11h31


tintinetletrain.jpg

Dans le Thalys hier soir, retour d?un saut de puce en Belgique pour les fêtes. On ne prend ce train qu?une ou deux fois l?an, donc on n?y est pas trop habitué et, dès lors, on tombe à chaque fois un peu des nues en constatant cela: les prix pratiqués à la voiture-bar. Sans être radin pour un sou, ces prix sont tellement prohibitifs qu?ils en deviennent carrément grotesques. On s?en consolait en sirotant un coca light dont le prix du centilitre devait bien valoir, en ville, celui d?un cru bourgeois: dans les TGV français au moins, à partir de mars, les tarifs vont devenir un peu moins inaccessibles.

 

La SNCF, en effet, va changer de prestataire pour son service de restauration à bord. A la Compagnie des Wagons-lits, filiale du géant français Accor, va succéder, dans trois mois, le groupe italien Cremonini, qui annonce des tarifs en baisse de 20 à 30%. Des exemples concrets? Le café verra son prix baisser de 2?40 actuellement à 2?10. Le sandwich (forcément mou, sinon ce ne serait plus un sandwich SNCF) passera de 4?10 à 3?50. La bouteille d?eau coûtera 2? (contre 2?50 aujourd?hui), le soda 3?40 (contre 3?60) et le paquet de chips 2? (contre 2?20). Cette diminution de prix annoncée aidera peut-être à faire passer la pilule de la prochaine augmentation annuelle des tarifs des billets.

 

Tiens, à propos, la SNCF est en train de réfléchir à la suppression des wagons-bars dans ses TGV. Ou, du moins, de limiter leur présence aux seuls trains assurant les trajets les plus longs. Ces voitures-bars seraient remplacées par des distributeurs automatiques situés sur les plateformes ou par un service de vente ambulant à l?aide de charriots roulants. Raison de cette réforme envisagée? Malgré les tarifs prohibitifs qui y sont pratiqués, les voitures-bars ne sont pas très rentables. Selon le grand patron de la SNCF, Guillaume Pepy, «un wagon-bar, c?est 50 places assises en moins. C?est simple: supprimer le wagon-bar nous permettrait de faire 10% de chiffre d?affaire en plus sur une rame de dix voitures». CQFD 


Une dernière folie?

le 24/12/2008 à 11h11


Les Français vont encore prendre des kilos, ces jours-ci. En effet, on estime qu?à l?occasion des repas de fêtes de fin d?année, ils vont ingurgiter 60.000 tonnes d?huîtres, 13.000 tonnes de foie gras, 40.000 tonnes de saumon (frais ou fumé) et 40.000 tonnes de chocolat!

 

Tiens, au fond, si à cette heure vous commencez à sérieusement stresser parce que vous n?avez pas encore trouvé d?idée de menu pour le repas de Noël, réglez illico ce souci en vous rendant à «L?Atelier des Chefs». Ce site web, dont les fins gourmets parisiens parlent pas mal en ce moment, propose plus d?un millier de recettes (dont notamment des recettes en vidéo), trucs et astuces, le tout mis gracieusement à votre disposition par de grands chefs français.

 

Deuxième tuyau: si vous êtes un peu serrés financièrement, faites une croix sur? les noix de Saint Jacques surgelées. En effet, ce produit fait partie des aliments épinglés dans une récente étude de la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV). Entre le 15 novembre et le 15 décembre, cette association de consommateurs a suivi l?évolution des prix de 75 «produits emblématiques des tables de réveillon». En dépit des apparences et du ressenti que le client moyen peut avoir en déambulant dans les rayons, la majorité de ces prix sont restés stables pendant cette période. Une quinzaine de produits ont même vu leur prix baisser. Les hausses, selon cette étude, n?ont affecté que trois produits parmi lesquels ces fameuses noix de Saint Jacques surgelées, dont le prix a flambé de 72%. Au-delà de cette tendance globalement satisfaisante, l?association s?interroge sur l?ampleur des variations des étiquettes. Ainsi, «des gambas surgelées de la marque U peuvent, en un mois et dans un même magasin, perdre 60% de leur valeur. De même, on a du mal à comprendre pourquoi, à la mi-décembre, on achète des ?ufs Kinder ?Spécial Noël? 30% plus cher selon que l?on fait ses courses chez Carrefour en région parisienne ou chez Leclerc dans le Pas-de-Calais». Moralité: plus que jamais donc, du moins si on en a le temps, il faut comparer les prix avant d?acheter.

 

En cette fin d?année, cela dit, les Français ont déjoué tous les pronostics. La crise internationale aidant, les spécialistes s?attendaient à ce qu?ils réduisent nettement leur budget pour les fêtes. Or, cela n?a pas l?air d?avoir été le cas. Globalement, les grands magasins n?ont pas été moins bondés que l?hiver dernier ? et ce à Paris y compris, malgré pourtant une alerte terroriste retentissante. Et la semaine dernière, le volume d?utilisation des cartes bancaires, pour les retraits et les paiements, a atteint 66 millions d?euros, soit une baisse peu importante (0,8%) par rapport à la Noël 2007. De même, le montant moyen par transaction (97 euros) est resté stable.

 

Les Français se seraient-ils dit qu?ils s?autorisaient quelques dernières folies (caloriques comme financières) avant d?affronter une année qui, selon toutes les précisions, risque d?être rude?


Une requête

le 23/12/2008 à 11h31


coeurkoons.jpgC?est une requête un peu particulière qu?examinera demain, lors de sa séance audiencée à onze heures du matin, le tribunal administratif de Versailles. Une requête qui lui a été introduite en référé, selon la procédure d?extrême urgence donc, par rien moins qu?un? «descendant en droite ligne de Louis XIV et de Marie-Antoinette» comme se présente lui-même le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme.

 

Monseigneur saisit la justice pour «profanation et atteinte au respect dû aux morts». Visé? L?établissement public qui gère le château de Versailles. Pour agir, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme invoque le «droit immémorial de tout membre de l?espèce humaine au respect de ses aïeux» et «à vivre sans profanation de ses ancêtres». Or, pour le prince, ses ancêtres sont actuellement profanés par? la grande rétrospective consacrée par le château de Versailles à l?artiste contemporain américain Jeff Koons (ici, ou ). Monseigneur réclame donc au tribunal administratif d?ordonner au château de mettre immédiatement fin à cette exposition.

 

Pour Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, en outrageant ses aïeux, cette exposition crée un «trouble manifeste». L??uvre kitsch et drôlatique de Jeff Koons «n?a pas sa place dans le saint des saints des appartements royaux». Son unique but, en effet, est de «se moquer, ridiculiser et dénaturer l??uvre d?art et de mémoire» du Roi Soleil et de ses descendants. Cette «intention suprême de profanation et de dérision» serait d?autant plus insupportable qu?elle servirait de «ressort publicitaire destiné à promouvoir une star étrangère du porno au détriment de l?art français». Monseigneur fait allusion ici à l?ex-épouse de Jeff Koons, l?actrice porno italienne La Cicciolina, avec qui l?artiste américain prit quelques poses un peu olé-olé. Du coup, et même si aucune ?uvre porno n?est évidemment montrée au château, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme qualifie la rétrospective Koons d?«exposition à caractère pornographique». Il juge cela d?autant plus insupportable qu?on est à la période chrétienne de Noël et que, pendant ces congés scolaires, les pornocrates viseraient directement «la candeur des enfants, particulièrement vulnérables et sans défense aux atteintes pornographiques».

 

En novembre déjà, dans un courrier adressé au Président Sarkozy, le prince de Bourbon-Parme disait militer contre l?expo Koons «à titre strictement familial,  mais conscient de porter ainsi le sentiment général des Français et des étrangers du monde entier amoureux du château de Versailles». Sur ce point précis, l?on se permettra de très respectueusement faire remarquer à Monseigneur qu?il se fourvoie. En effet, la rétrospective Koons vient d?être prolongée jusqu?à début janvier tant elle remporte un succès phénoménal. En trois mois, elle a été vue par plus d?un demi-million de personnes. C'est un succès de foule sans précédent dans l?histoire des expositions d?art organisées au château de Versailles.


Un exercice

le 22/12/2008 à 11h12


Début de semaine horrifique à Paris. Ce matin, vers 9 heures, un groupe terroriste a fait irruption dans le fameux hôtel de Crillon, place de la Concorde. Il y détient en otage un richissime homme d?affaires étranger. Au même moment, une bombe a explosé gare Montparnasse. Des détonations ont également été entendues au palais des congrès, porte Maillot. On ignore encore le nombre de victimes. A deux pas, à la Défense, un groupe paramilitaire inconnu a réussi à prendre le contrôle d?un gratte-ciel; le détachement d?élite du Raid a été envoyé sur place. Et, comme si cela ne suffisait pas, l?alerte rouge a également été déclenchée au Bourget: sur les pistes de cet aéroport de la proche banlieue parisienne, un commando a pris le contrôle d?un petit avion.

 

Ce lundi matin parisien d?épouvante, ce sont les stratèges qui l?ont imaginé. Ce scénario sert de base à l?exercice qui se déroule en ce moment même, «destiné à tester la réaction des services du ministère de l?Intérieur en cas d?attentats et prise d?otage massive simultanés». Pour corser encore l?affaire, à ces cinq actes terroristes concernant la région parisienne, les autorités en ont ajouté deux autres se déroulant en province: un attentat à la gare routière de Marseille et une prise d?otages dans la tour du Crédit lyonnais, à Lyon.

 

L?objectif de cet exercice est de tester en temps réel les capacités de réaction des autorités, et notamment de voir si les innombrables services sollicités en cas de catastrophes majeures parviennent à bien travailler ensemble. Pas moins de cinq ministères sont associés à l?exercice: Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Santé et Equipement. Il s?agit exclusivement d?un exercice d?état-major: qui se déroule en salles. Les différents sites concernés ne connaîtront aucune perturbation ni ne seront l?objet du moindre déploiement particulier de forces de l?ordre.

 

Pas de soldats en treillis dans les salons dorés du Crillon, donc. Sans doute les autorités ont-elles jugé qu?en matière de sécurité visible et ostensible sur la voie publique, on en avait fait assez, cette année. Ce lundi, d?ailleurs, pour de vrai cette fois, policiers, gendarmes, propriétaires de grands magasins, sociétés de transports et d?aéroports de la capitale sont à nouveau convoqués au ministère de l?Intérieur pour une grande réunion destinée à évaluer, et au besoin à peaufiner, ce dispositif de sécurité.

 

Faut-il en faire plus? En fait-on jamais assez? Jusqu?où faut-il pousser le principe de précaution, dans ce domaine ultra-sensible de la lutte anti-terroriste? La réponse n?est pas aisée. L?ont à nouveau bien montré, ces derniers jours, les si nombreux reportages radio ou télé ayant recueilli la réaction des Parisiens face à l?arsenal sécuritaire renforcé depuis l?alerte terroriste de l?autre jour, au «Printemps». En gros, pour une personne interrogée qui se disait sécurisée par la présence si visible et si importante des forces de l?ordre dans la rue, une autre personne, au contraire, se déclarait surtout stressée par cette présence.

 

C?est vraiment le verre à moitié vide ou à moitié plein. Quand, à l?entrée d?un grand magasin ou à la sortie d?une gare, vous tombez sur un militaire en tenue de combat, mitraillette au bras. Sa seule présence peut-elle légitimement vous rassurer? Ou, au contraire, rappelle-t-elle une situation générale qui rend sa présence nécessaire et donc qui a de quoi inquiéter? 

 


Un engin

le 18/12/2008 à 11h31


Segway.jpgRestons sur les grands boulevards parisiens, mais dans un registre plus léger que ceux de la violence politique et de la précarité que l?on évoquait dans les notes d?hier et d?avant-hier. L?autre jour, en déambulant boulevard Beaumarchais, comme une semaine auparavant déjà sur le boulevard des Filles du Calvaire, on s?est fait dépasser en trombe par un nouveau mode de déplacement que l?on commence à voir pas mal à  Paris: le Segway.

 

Dans la capitale française, cette espèce de trottinette futuriste ? on appelle cela un «gyropode», semble-t-il ? est même désormais disponible à la location (ici ou , par exemple). Facturé 45 euros la demi-journée, voire carrément 30 euros de l?heure, il n?est pas sûr que ce nouveau mode de déplacement détrônera le Vélib dans le c?ur des Parisiens. Mais, manifestement, à en juger aux idiomes que parlaient ses utilisateurs que l?on a croisés,  il a un certain succès auprès des touristes étrangers.

 

L?engin a l?air assez drôle à conduire, en tout cas. On n?a pas encore essayé cela. Pourtant, ce n?est pas l?envie qui manque. Mais, un peu comme avec les rollers ? qu?on a tant aimé autrefois user sur le bitume parisien, mais qu?on a depuis remisés au placard ?, on a l?impression que, juché là-dessus, on aurait l?air un peu ridicule. Surtout, on aurait vraiment peur de se laisser aller à contribuer peu civiquement à l?insécurité sur les trottoirs. Car l?usage de cet engin a l?air très grisant. Ses utilisateurs qu?on a croisés, en tout cas, riaient tellement aux éclats qu?ils en oubliaient manifestement ses consignes d?utilisation: circuler «à la vitesse du pas», «laisser toujours la priorité aux piétons», «ne pas créer d?inquiétude inutile» chez les autres usagers du trottoir, etc.


Un dispositif

le 17/12/2008 à 11h13


Si vous êtes Parisiens et si, ce mercredi, vous avez prévu de faire du shopping sur les grands boulevards, attendez-vous à devoir subir davantage de contrôles qu?à l?accoutumée. En effet, depuis l?alerte terroriste d?hier midi au «Printemps», boulevard Haussmann, tous les grands magasins de la capitale ont discrètement mais considérablement renforcé leurs mesures de sécurité. Ainsi, le nombre de vigiles a été augmenté. Et, à partir de ce matin, ils auront notamment pour mission de contrôler les sacs des clients aux entrées.

 

Ce matin également, les plus hauts responsables de la police, de la gendarmerie, de la sécurité dans les aéroports et dans les transports ont été convoqués au ministère de l?Intérieur pour plancher sur un renforcement des mesures de vigilance et de sécurité concernant non plus cette fois les espaces privés, comme les grands magasins, mais la voie publique. Dès hier après-midi, cinq unités mobiles, soit un demi-millier d?hommes, ont été déployés en urgence pour sécuriser davantage les zones commerciales à Paris et en province.

 

Ces renforts décidés aujourd?hui complèteront le dispositif déjà déployé dans le cadre du plan «Vigipirate», qui est actuellement à l'échelon rouge. Dans la capitale, ils viendront également s?ajouter à l?arsenal renforcé de sécurité mis en place pour les fêtes par la préfecture de police. Ce dispositif, qui sera maintenu jusqu?au 18 janvier, est déjà en soi impressionnant. Il mobilise plus de 1500 policiers supplémentaires. Ces patrouilles, pédestres ou motorisées, sont notamment affectées à la sécurisation des grandes zones commerciales de la Ville lumière (Forum des Halles, Haussmann, Montparnasse, etc.) et des quartiers touristiques emblématiques (Champs-Elysées, Tuileries, Vendôme, etc.).

 

Pendant un mois, dès lors, dans le centre de Paris, la couleur dominante sera à nouveau et plus que jamais le bleu marine, voire le kaki. L?hiver dernier, pendant la période des fêtes de fin d?année, un maillage policier d?envergure similaire avait débouché sur quelque 52.000 contrôles d?identité, dont 1700 avaient donné lieu à des interpellations. Les autorités s?étaient alors félicitées du succès de ce dispositif, invoquant une baisse de 9% de la délinquance dans la capitale pendant cette période des fêtes de fin d?année.


Une mafia

le 16/12/2008 à 10h39


C?est un des plaisirs de l?hiver parisien, dont on a d?ailleurs déjà parlé dans ce blog (ici): les marrons chauds. Cet hiver, malheureusement, on a décidé de s?en passer. En effet, dans un reportage paru dernièrement dans les pages locales du quotidien «Le Parisien», on a lu que, pendant toutes ces années, en achetant nos chers marrons brûlants boulevard Haussmann ou ailleurs, on avait en fait alimenté? «une véritable petite organisation mafieuse».

 

Selon nos éminents confrères investigateurs, les vendeurs de marrons à la sauvette sont «des esclaves des temps modernes». Venus majoritairement du nord de l?Inde, ils sont en permanence sous la coupe et la surveillance de «guetteurs» et autres «ramasseurs» qui les poussent à des cadences infernales, leur imposent des conditions de travail difficiles et les maintiennent dans une précarité innommable. Ces vendeurs ne touchent qu?une petite partie de la recette de leurs ventes, recette qui, à la fin de la journée, à raison de 2 euros le cornet de dix marrons, n?est pas mince. Le plus gros des bénéfices irait à leurs cerbères. Voire, à l?ultime échelon supérieur de la mafia, aboutirait dans les poches de businessmen douteux vivant «dans des palaces, en Inde» ? dixit un policier du commissariat du neuvième arrondissement qui, chaque hiver, joue au chat et à la souris avec ces clandestins. En outre, ceux-ci ne seraient pas rarement victimes de violences. En effet, dans cette profession, les emplacements de vente les plus côtés, sur les trottoirs des boulevards les plus courus, se louent à prix d?or: 2500 euros le mois, paraît-il. Dès lors, ils se défendent et se conquièrent très physiquement.

 

Du coup, pas question, s?est-on dit, de continuer à alimenter, par nos caprices gustatifs, un trafic aussi glauque. Rideau donc, désormais, sur nos chers marrons chauds. Cette bonne résolution a été plus difficile à prendre que deux autres, plus anciennes mais du même acabit: ne pas acheter les hideuses babioles en plastique vendues par les (faux?) sourds-muets dans le RER, ni ne donner de monnaie aux enfants roumains mendiant dans la rue. Car, selon la rumeur (la légende?) urbaine, ces deux populations, tout comme nos vendeurs de marrons chauds, seraient en fait les premières victimes de très sinistres trafics.


Une pollution

le 15/12/2008 à 11h13


lacher-de-ballons-florance-trocadero.jpgDe l?avantage d?habiter un quartier festif, comme le onzième arrondissement en compte tant. L?autre matin, sortant de la maison encore un peu endormi, on est tombé sur des dizaines et des dizaines de ballons multicolores. Il y en avait partout: virevoltant dans les rues, déboulant sur les trottoirs, s'amusant à échapper aux poursuites des écoliers du coin, tentant vainement de se dégager des branches d?arbres où ils s?étaient coincés ou, au contraire, s?envolant avec liberté dans les airs. Ces ballons constituaient les restes d?une fête qui s?était tenue la veille au soir dans la rue. Les convives avaient laissé s?envoler des centaines de ballons par les fenêtres, transformant tout le quartier en théâtre d?un spectacle léger, plein de couleurs et aérien.

 

A peine s?était-on amusé de cette animation inopinée qu?arrivé au bureau, on revenait plus sérieusement aux dures réalités. En tombant sur un communiqué de presse consacré à une pollution à laquelle, on l?avoue, on n?avait jamais pensé auparavant. La pollution due au «million de ballons, qui en France s?envolent chaque année dans le ciel pour célébrer des causes qu?elles soient bonnes ou mauvaises ? anniversaires, promotions, appels publics, festivités?». «Toutes ces grappes de ballons commémoratifs, festifs et revendicatifs avec leurs couleurs chimiques, les rubans synthétiques, les parures d?artifices, et l?hélium d?Air Liquide; ils vont finir quelques jours après dans les fleuves, en mer et sur la plage, éclatés et blafards, siglés et paraphés, dégoulinant de bonnes intentions et de messages vains, agglutinés à cette marée de déchets que se tuent à ramasser jour après jour les équipes de professionnels du rivage ou qui tuent jour après jour oiseaux, tortues marines, et poissons leurrés».

 

ballons.jpgC?est l?association environnementale ?Robin des Bois? qui, en cette période de fêtes, a choisi d?attirer l?attention sur ce problème. Elle vient de demander «à tous les organisateurs de spectacles et de kermesses, à tous les acteurs de la promotion et de l?évènementiel d?éviter de disperser des déchets dans l?atmosphère et de contribuer ainsi, par une attitude exemplaire, à une gestion préventive des déchets et à la protection du littoral». L?association déplore qu?«en France, cette manie d?envoyer des déchets dans l?air ne faiblit pas, malgré la somme des informations sur les débris de ballons en latex ou en plastique retrouvés en mer ou dans les estomacs d?espèces marines et les nids d?oiseaux». «Le ciel n?est pas une décharge», conclut l?association. Qui, sur son site, publie des photos de plages polluées aux ballons qui, c?est vrai, donnent plutôt envie de trouver illico un autre moyen, moins polluant, de  symboliser la fête.


Une (double) première

le 12/12/2008 à 11h33


On n?a jamais trop bien supporté le bruit ? certains bruits, en tout cas. On est donc tout à fait sensibilisé à la question des nuisances sonores. Mais là, tout de même, on avoue qu?on est tombé des nues en apprenant cette grande première. Hier à Paris, devant la vingt-quatrième chambre du tribunal correctionnel très précisément, il s?est trouvé un magistrat pour réclamer que des gamins un peu bruyants soient? jetés en prison.

 

Les jeunes en question, les samedis soirs d?été, avaient pris l?habitude de descendre de leur ville de banlieue pour se rassembler dans le quartier des Batignolles, dans le dix-septième arrondissement. Là, jusqu?à pas d?heure, ils refaisaient le monde, rigolaient, faisaient les fous en scooters, jouaient au foot avec des canettes en guise de ballon, etc. «Ils n?étaient pas méchants, mais très gênants», a témoigné hier un riverain. N?en pouvant plus, les habitants du quartier avaient fini par porter plainte contre eux. Hier donc, le substitut du procureur, voulant manifestement faire un exemple, a réclamé trois mois de prison (avec sursis, tout de même) contre ces jeunes. Pour ce faire, le parquet s?est basé sur une loi de 2003 adoptée à l?initiative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l?Intérieur. Cette loi avait créé un délit de «trouble de la tranquillité d?autrui par des agressions sonores répétées», punissable d?un an d?emprisonnement et de 15.000 euros d?amende. Jusqu?à jeudi, elle n?avait jamais été appliquée pour ce genre de contentieux entre voisins. Hier, renâclant devant cette première, le tribunal s?est refusé à suivre le parquet. Il a plus sobrement condamné les gamins à des amendes de 150 euros pour tapage nocturne. Avant le procès, les jeunes n?en avaient pas moins passé 48 heures en garde de vue et une nuit entière au dépôt du Palais de justice.

 

Autre première judiciaire qui a de quoi, disons, interpeller: hier encore, en région parisienne, un lycéen de 19 ans a été traîné en justice pour avoir? craché par terre.

 

Des policiers l?avaient surpris en train de cracher alors qu?il sortait de son établissement scolaire. Ils l?avaient copieusement admonesté. La loi française, en effet, punit les crachats sur la voie publique, en vertu notamment d?un décret de 1942 ? datant du régime de Vichy, donc ? qui «interdit à toute personne de cracher ailleurs que dans les crachoirs disposés à cet effet». Les pandores avaient ensuite convoqué par téléphone le gamin au commissariat. Sans succès, les parents du jeune homme y compris étant persuadés qu?il s?agissait d?une plaisanterie. Et bien non. D?où le procès d?hier, devant le tribunal de police d?Evry. Celui-ci a toutefois estimé avoir été saisi de manière irrégulière et a renvoyé l?affaire.


L'avis des internautes
Si vous aimez ce blog, vous aimerez aussi...
  • Diner's room

    Diner's room

    Dans Diner's Room, Jules décortique, commente, critique et lance le débat sur l'actualité socio-politique.

  • Blog des rédacteurs de Politis

    Blog des rédacteurs de Politis

    Le blog de la rédaction de Politis, hebdomadaire français de la gauche Anti-libérale.

  • Authueil

    Authueil

    Réflexions politiques, religieuses et philosophiques avec un brin de sarcasme et beaucoup d'ironie dont l'auteur a le secret !

Note : Vous êtes actuellement sur une version béta du site utilisée pour les tests.
La version 1 arrive prochainement et chaque blogueur sera contacté auparavant.