Une sélection
le 03/09/2010 à 18h49
Sourions un peu, pour bien terminer la semaine. Car hier, le Press Club de France a dévoilé sa sélection des nominés à son Prix annuel récompensant la personnalité politique qui, dans l'année écoulée, s'est distinguée par une tirade (volontairement ou non) magistralement comique ? Prix qu'on a déjà évoqué à plusieurs reprises dans ce blog, ces dernières années (relire ici, là ou là).
Le millésime 2010 n'est pas mal. Pour notre part, si on était membre du jury, notre palmarès serait le suivant. Sur la troisième marche du podium, l'eurodéputée écologiste et ex-juge de choc Eva Joly, pour cette répartie qui fit hurler (hurler de rage, pas de rire) ses alliés socialistes: «Je connais bien Dominique Strauss-Kahn : je l'ai mis en examen». La médaille d'argent, on l'octroierait bien volontiers au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand: ex-star de la télé, dont le débauchage par Nicolas Sarkozy fit jadis grand bruit, mais qui, depuis, se révèle être un ministre un peu pâlichon. Sa petite phrase nominée pourrait d'ailleurs être prise comme un aveu implicite: «Quand on m'appelle Monsieur le ministre, j'ai toujours l'impression que Jack Lang va surgir derrière moi!» Notre Grand Prix de l'humour politique, on le décernerait sans une seconde d'hésitation à la si bling bling ex-ministre de la Justice Rachida Dati, désormais exilée à Strasbourg mais dont on continue à voir la bobine à peu près chaque semaine dans les kiosques de Paris, au rayon des magazines de papier glacé. Rachida Dati donc, selon nous Médaille d'or pour cette impayable déclaration: «Je n'ai jamais cherché à attirer l'attention des médias».
Espérons en tout cas que la petite phrase cocasse qui l'emportera cette année sera aussi mémorable que celle qui, l'an dernier, avait été couronnée: la réflexion si désabusée mais si réaliste du maire de Paris, Bertrand Delanoë: «Le vrai changement au PS, ce serait de gagner».
Un abîme
le 02/09/2010 à 18h28
La première? Comme s'en réjouissait un JT cette semaine, le nombre de palaces hôteliers ne cesse d'augmenter dans la Ville lumière. Il y avait déjà le «George V», le «Bristol», le «Meurice», le «Fouquet's Barrière» ou le «Royal Monceau». Il faudra bientôt compter également avec le «Mandarin», le «Shangri-La» ou le «Peninsula», dont les travaux d'aménagement ont beaucoup progressé cet été. Autant d'établissements de très grand luxe qui facturent leurs suites à «des tarifs allant de 1000 à 10.000 euros» la nuit, avait l'air de s'extasier le confrère de la télé. Deuxième actualité? C'est l'Agence France presse qui l'a donnée lundi, mais elle a fait, elle, beaucoup moins de bruit. On la cite texto: «Vingt-quatre personnes sans domicile fixe (SDF) sont décédées en juillet et en août en France, a annoncé aujourd'hui le collectif «Les Morts de la rue», en précisant que cette liste n'est pas exhaustive. Ces 24 décès portent le nombre de SDF décédés depuis le début de l'année à 173».
On ne voit pas trop ce qu'on pourrait rajouter.
Une histoire belge
le 01/09/2010 à 18h44
Après avoir manifestement été volés à Paris, ces vélos avaient, 300 kilomètres plus loin, été sagement accrochés aux bornes de l'équivalent bruxellois de Vélib. Qui est tout autant signé Decaux et qui, dès lors, bénéficie d'un système d'accrochage identique à celui de son cousin parisien. Depuis, ces deux vélos parisiens égarés ont été rapatriés en camion jusqu'à la Ville lumière. L'anecdote a permis d'apprendre que, depuis le lancement de Vélib il y a trois ans, pas moins de 8000 de ces vélos ont déjà été dérobés. Dérobés y compris, dans de rares cas, à destination de l'étranger ? ainsi en 2008, un touriste parisien avait pris une photo d'un Vélib sur lequel il était tombé par hasard lors d'un voyage dans le fin fond de la Roumanie.
Au-delà de l'aspect moral de la chose ? s'approprier un moyen de locomotion relevant tout de même du service public, etc etc ?, on n'a pas encore très bien compris le but que poursuivaient les malandrins. Mais, vu le poids effarant de ces vélos, vu donc leur relatif inconfort, vu aussi leur état général, souvent très dégradé, on espère vraiment pour ces brigands qu'ils n'ont pas accompli en Vélib la route de Paris à Bruxelles.
Une récidive
le 31/08/2010 à 19h47
Le temps passe, mais, à Paris, certains décidément n'évoluent pas. Vers la mi-juin, on avait évoqué (ici) l'émoi suscité dans la capitale ? et au-delà: dans le reste du pays ? par la tentative de groupuscules liés à l'extrême-droite de tenir un apéro géant dit «Saucisson & pinard» (clairement exclu aux musulmans, donc) à la Goutte d'or (quartier parisien à forte population issue de l'immigration). Depuis, près de trois mois ont passé. Mais d'aucuns ont envie de récidiver. On pourrait en avoir l'illustration ce samedi à Paris.
Ce jour-là, en effet, en plein centre-ville, est programmé un «grand apéritif républicain». Présenté comme en faveur d'«une certaine idée de la France». Pour que les choses soient claires, il s'agit de dénoncer «la montée de l'offensive islamiste sur le territoire français». Des initiatives du même acabit sont annoncées le même jour dans plusieurs villes de province: Bordeaux, Lyon, Strasbourg ou Toulouse. Parmi les organisateurs, on retrouve des ex-militants dévoyés d'une certaine «gauche» ultra-républicaniste, sécuritaire et anti-communautariste ? genre Chevènement. Ils assurent que leur «conception de la Nation n?est absolument pas ethnique». Mais n'en condamnent pas moins le modèle français d'intégration des minorités issues de l'immigration, modèle qu'ils veulent remplacer par un régime d'«assimilation» pure et simple. Tout comme les amateurs de cochon et de vin rouge avaient, en juin, comparé à la Résistance à l'Occupation nazie leur «entrée en résistance face à l'islamisation de la France», on a droit à nouveau à un alibi historique: l'apéro du 4 septembre se veut commémoratif de la journée du 4 septembre 1870, qui avait vu la proclamation de la IIIème République.
Le maire (écologiste) de l'arrondissement parisien où se tiendrait cette manifestation a demandé son interdiction à la préfecture de police.
Une reprise
le 30/08/2010 à 18h47
Reprise de ce blog ce lundi, après la petite pause de l'été. Un été qui, finalement, a été météorologiquement plutôt moyen à Paris ? on en gardera notamment le souvenir des pluies diluviennes et de l'horrible climat de Toussaint qui ont marqué les quelques jours autour du 15 août. Un été qui, en outre, a tout de même été politiquement assez tendu, trouve-t-on. Ce week-end, deux petites actualités à Paris ont assez bien illustré ce climat orageux.
La première est survenue samedi soir au parc de La Villette ? dont, au passage, les animations (cinéma en plein air, etc.) ont, en juillet comme en août, connu à nouveau un succès de foule impressionnant. Avant-hier à La Villette, se déroulait «Le Grand Ramdam», une grande fête populaire axée sur la découverte des musiques du Maghreb, organisée aux heures de rupture du ramadan. Oublieux de la grande impopularité actuelle du gouvernement et du Président Sarkozy, les ministres Frédéric Mitterrand et Fadela Amara ont cru bon d'y prendre la parole en public, entre deux concerts. Mal leur en a pris: ils ont été copieusement hués par des milliers de téléspectateurs. La deuxième illustration du climat de tension actuel, on l'a trouvée dans les colonnes du journal «Le Monde» de ce même week-end. «La RATP veut doter ses agents de sécurité de gilets pare-balles», y a-t-on lu avec stupéfaction. Une innovation vestimentaire que les vigiles de la société de transports parisienne justifient par l'évolution selon eux dramatique du climat d'insécurité dans la capitale et sa banlieue et par la multiplication des actes d'incivilité voire d'agressivité dont ils sont victimes dans leur travail quotidien.
Sinon, pour tout de même ne pas d'emblée plomber l'ambiance de cette rentrée, parlant de reprise, une bonne nouvelle concernant Paris s'est confirmée cet été. En effet, juillet comme août ont consacré la reprise, assez spectaculaire, de l'activité touristique dans la capitale française ? comme dans l'ensemble du pays d'ailleurs. On y a retrouvé les niveaux de fréquentation d'avant la grande crise financière internationale de l'hiver dernier. A Paris, les palaces comme les campings ou auberges de jeunesse n'ont pas désempli, si bien qu'à la fin de l'année, la capitale devrait à nouveau atteindre voire dépasser le cap annuel des 36 millions de nuitées hôtelières. Vu le poids que pèse le secteur du tourisme dans l'économie parisienne (son impact en termes d'emplois, singulièrement), c'est sans doute déjà ça.
Un classique de l'été
le 09/08/2010 à 22h38
Dès le retour des beaux jours, c'est un grand classique (relire ici, par exemple) à Paris et dans sa région: la sécheresse et les risques de pénurie d'eau. Cette année à nouveau, la capitale française n'y échappe pas. Dès la fin juillet, la préfecture a estimé qu'on avait atteint le seuil de vigilance. Et a donc invité (là) les Parisiens à faire un usage «raisonné» et «économe» de l'eau potable. En cause, la situation de deux rivières de la région qui alimentent la capitale en eau potable: elles ont atteint le «seuil d'alerte», voire carrément le «seuil de crise». L'on sait aussi que, dans l'est du bassin parisien, après un hiver moins pluvieux que d'habitude paraît-il -on ne l'avait pas remarqué-, le niveau des nappes phréatiques est très bas. D'ailleurs en Seine et Marne (grande banlieue Est), un arrêté préfectoral interdit déjà de remplir sa piscine, de laver sa voiture ou même d'arroser sa pelouse.
A Paris, la mairie suit la situation en temps réel et pour cause: la capitale française consomme chaque jour entre 500.000 et 700.000 m3 d'eau. Pour l'anecdote, si la canicule frappe la ville au mois d'août, il n'est même pas sûr que ses habitants auraient forcément le loisir de pouvoir tout de même un peu se rafraîchir en passant devant des fontaines publiques. En effet, un bon quart des 275 fontaines disséminées dans la capitale sont à l'arrêt: fermées pour des problèmes d?étanchéité ou pour des travaux d'entretien ou de restauration. Cela tombe plutôt mal.
Un air irrespirable
le 09/08/2010 à 22h38
L'air en France est toujours aussi pollué. Le gouvernement lui-même a bien dû le constater, en dévoilant hier le bilan de la qualité de l'air dans l'Hexagone en 2009 (*). «On n'arrive pas vraiment à améliorer la situation, voire elle se dégrade pour tout ce qui est les particules, dioxydes d'azote ou l'ozone», a admis la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Seul point positif: une amélioration en ce qui concerne les polluants lourds comme le plomb. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, on déplore chaque année en France 42.000 morts prématurées liées à des problèmes de qualité de l'air. Sans compter d'autres conséquences néfastes dues à la pollution? L'autre jour, l'un ou l'autre média français (ici, par exemple) n'a pas manqué de faire écho à une étude scientifique coréenne rapportée récemment par la très sérieuse revue «The New Scientist».Elle montre que le risque de suicide est de 9% plus élevé dans les deux jours suivant un pic de pollution par les particules fines, par rapport au nombre de suicides commis les jours bénéficiant d'un faible taux de ces mêmes particules. Ce taux de suicide accru ces jours-là concerne surtout les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires déjà liées à la pollution. Auparavant, une étude scientifique taïwanaise avait déjà montré que les personnes souffrant d?asthme lié à la pollution avaient deux fois plus de risques de se suicider que les autres.
Paris et sa banlieue ne sont bien sûr pas épargnés par cette plaie de la pollution. Le dernier bilan annuel en la matière le reconnaît d'entrée de jeu: «la qualité de l'air quotidienne (y) reste insatisfaisante pour certains polluants, plus particulièrement au coeur de l'agglomération parisienne et à proximité du trafic». Quelque 3 millions d'habitants de la région parisienne sont «potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation et qui, de plus, marquent une certaine stabilité». Cela promet pour les semaines à venir, août étant statistiquement le mois le plus chaud de l'année en France et donc souvent aussi le mois où l'on compte le plus grand nombre de jours d'alerte à la pollution atmosphérique. Encore heureux qu'à cette période de l'année, Paris traditionnellement se vide de ses habitants, qui en majorité émigrent vers des lieux de villégiature où l'air est (censé) moins irrespirable.
(*) Curieux, d'ailleurs, pour ce gouvernement qui communique tant et plus, à longueur de journées et en temps réel: ce matin, sauf erreur, ledit document ne figurait nulle part sur les sites web du ministre de l'Environnement ou de sa secrétaire d'Etat. Sans doute parce qu'il est des bilans sur lesquels il ne vaut mieux pas s'appesantir.
Une fameuse nuance
le 09/08/2010 à 22h38
Qui a dit que Nicolas Sarkozy était insensible aux critiques? A 17 heures ce mercredi, se tient à l'Elysée le sommet si controversé consacré à la communauté des gens du voyage. Or, manifestement, les communicants en chef de la Présidence sont soucieux de quelque peu rectifier le tir à ce sujet.
En effet, dans l'agenda officiel du chef de l'Etat, ce sommet est très sobrement présenté comme étant une «réunion ministérielle pour faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms». C'est une fameuse nuance par rapport à la dénomination initiale de cette réunion. A l'origine, Nicolas Sarkozy avait parlé d'un sommet sur «les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms» - allusion aux violents heurts et graves dégradations commis il y a peu, dans le Loir et Cher (Région Centre), par des membres de cette communauté endeuillés par la mort d'un des leurs: jeune braqueur présumé tué par la police. Une telle approche présidentielle, exclusivement sécuritaire, de la situation de cette communauté a suscité un tollé. Voilà la droite accusée de dérive ethnique dans sa politique sécuritaire. Et voilà Nicolas Sarkozy décrié comme s'étant une fois de plus laissé emporter dans un «tourbillon populiste», destiné à «inventer une nouvelle catégorie de boucs émissaires».
Sans doute les éminences participant à ce sommet n'auront-ils pas le temps, avant de se rendre à l'Elysée, de relire ? comme on l'a fait hier soir - «Les Bijoux de la Castafiore», la BD de Hergé. C'est bien dommage.
Car, dans cette aventure de Tintin ? qui, si on ne s'abuse, date du début des années 60 ?, sont déjà évoqués les conditions de vie catastrophiques réservées à cette communauté des gens du voyage, la stigmatisation dont elle est si souvent victime, et les clichés («voleurs de poules», etc.) qui lui ont toujours été accolés. Pour la petite histoire, et si vous n'aviez pas gardé un souvenir précis de cette lecture de votre enfance, les romanichels établis sur un campement voisin du château de Moulinsart avaient été injustement soupçonnés d'avoir dérobé l'émeraude de la fameuse cantatrice, qui à longueur de journées, saisit d'effroi sa fidèle camériste en s'écriant: «Ciel! Mes bijoux! Irmâââ! Mes bijoux?!?». Mais, en fait, ledit vol avait été commis par une pie, dans le nid de laquelle Tintin avait découvert également des éclats de verre, une bille d'agate et un monocle...
Une épidémie
le 09/08/2010 à 22h38
Sophie Marceau vient d'avoir la varicelle. Sous peine de casser illico le mythe du journaliste d'office et par définition ami des stars, précisons d'emblée que, si on a appris cette nouvelle, ce n'est pas parce qu'on est intime avec l'intéressée mais simplement parce qu'on la lue ce week-end dans un magazine féminin ? comme quoi, pour s'informer de l'actualité, on lit vraiment de tout. D'un intérêt très relatif, cette info sur l'état de santé de l'actrice préférée des Français? Oui, si ce n'est qu'elle nous donne l'occasion d'évoquer l'épidémie de varicelle qui frappe en ce moment la capitale française. Selon les données collectées dernièrement par les médecins du réseau Sentinelles, qui surveillent l'évolution des épidémies dans chaque région , 82 cas de varicelle par 100.000 habitants ont été recensés à Paris et dans sa région. C'est quasiment deux fois plus que l'incidence de cette maladie dans le reste du pays (45 cas pour 100.000 habitants). Bénigne chez les enfants en bonne santé, la varicelle peut entraîner des complications graves chez les nourrissons les plus fragiles et chez les femmes enceintes.D'un point de vue sanitaire, décidément, cet été 2010 en France n'est pas une longue saison tranquille. Tandis que des Parisiens sont couverts de boutons, à Marseille, c'est une autre alerte qui, il y a peu, a été lancée par le ministère de la Santé. A propos d'une maladie qui, il y a quelques étés déjà, avait défrayé la chronique dans la capitale notamment (relire ici ou là): le chikungunya. Alerte a été donnée car, pour la première fois, le fameux moustique tigre, qui propage cette maladie, a été repéré en plein coeur de la cité phocéenne. Même si, dans le Midi, on est encore loin du stade de l'épidémie, rappelons qu'en 2005 et en 2006 dans l'île française de La Réunion (océan indien), le chikungunya avait frappé plus de 250.000 personnes, dont quelque 250 en étaient décédées.
On y repensait pas plus tard que l'autre soir sur le quai d'une station de métro, nous réjouissant d'être à Paris et non à Saint-Denis (Saint-Denis de La Réunion, pas le Saint-Denis de la banlieue Nord de Paris). En effet, en quelques minutes à peine, on a été piqué plusieurs fois par les moustiques ? qui visiblement pullulent cet été dans le réseau de la RATP, sans doute vu la météo torride dont a bénéficié Paris jusqu'à récemment.
Un délit de faciès
le 09/08/2010 à 22h38
Aujourd'hui, un sujet parfaitement de saison mais néanmoins pénible. En France visiblement, le racisme et l'intolérance ne prennent pas de vacances. Même en ces temps estivaux synonymes théoriquement d'insouciance, même dans des lieux de villégiature à l'atmosphère censée conviviale, décontractée et bon enfant, certains Français continuent de subir des discriminations liées à leurs origines. C'est ce que vient d'à nouveau montrer SOS-Racisme.
Ce week-end, en effet, la section départementale des Alpes maritimes de cette association a procédé à sept opérations de testing dans différents campings de la Côte d'Azur, opérations ayant été enregistrées avec des caméras ou des micros cachés. Des tests pareils à ceux souvent pratiqués par cette association aux entrées de discothèques. Cette fois donc, des campings étaient testés. Se présentaient successivement à la réception des candidats campeurs fictifs parfaitement similaires. Similaires par leur âge, leur apparence vestimentaire, leur courtoisie et leur capacité d'élocution, leur situation administrative en règle, leur équipement ou leur requête d'hébergement: un emplacement pour une tente. Différait juste leur faciès: certains de ces testeurs étaient issus de l'immigration, maghrébine ou africaine. Dans deux cas sur sept ? ce qui n'est tout de même pas rien ?, il a été répondu à ces campeurs-là que le camping était complet. Mais quand, immédiatement après (et sans qu'entre-temps, un emplacement ait été libéré), des testeurs blancs se présentaient à la même réception, comme par miracle, le camping n'était plus complet et un emplacement était disponible.
«Nombre de Français continuent chaque jour d'être victimes de ce qu'il faut bien appeler un délit de faciès», a déploré ce matin le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo. A savoir sont victimes d'«une série de stéréotypes et de préjugés» projetés sur eux simplement en raison de la couleur de leur peau ou de leur l'origine géographique familiale, réelle ou supposée. Un tel comportement discriminatoire, qu'il ait lieu au camping ou ailleurs, est passible de peines allant jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Théoriquement. Si la justice et la police ne sont pas elles aussi parties à la plage.
Une (double) évacuation
le 22/07/2010 à 12h48
Joli ? ou affreux, c'est selon ? catapultage de l'actualité, ces derniers jours à Paris. Par catapultage, on entend la rencontre fortuite entre deux actualités survenant au même moment, n'ayant théoriquement rien à voir l'une avec l'autre, mais dont la coïncidence fait sens. Ces deux actualités parisiennes ont la Seine pour point commun.
D'une part, le long des voies sur berges, vient d'être lancée la neuvième édition de Paris Plages. Comme chaque fin juillet, pour laisser la place à l'animation vedette de l'été, les flots incessants de voitures qui, à longueur d'années, monopolisent les rives du fleuve ont été repoussés sur les quais en hauteur. D'autre part, autre évacuation, au même moment et aux abords du même fleuve, mais cette fois sur le bras de la Seine qui, passé le port autonome de Bastille, devient le canal Saint-Martin. Là, sous l'oeil des CRS, ont été évacués non des bagnoles, mais des gens: les quelque 200 «habitants» du mini-bidonville qui, depuis plusieurs mois, avait été érigé sous deux ponts de ce canal. Là, sous ces tentes et abris de fortune, (sur)vivaient quelque 200 étrangers, pour la plupart venus d'Afghanistan et candidats réfugiés politiques. La mairie comme le tribunal administratif ont estimé que ce campement posait de graves problèmes de salubrité et de sécurité publiques. Les exilés ont été orientés vers des centres d'hébergement.
L'installation de Paris Plages et l'évacuation d'un bidonville. «Ca n'a rien à voir», a bougonné le maire Bertrand Delanoë, agacé d'être interrogé par les médias sur la coïncidence entre ces deux événements. Dans le compte-rendu télévisuel de ces deux actualités, en effet, on a pu voir que cela n'avait rien à voir. D'un côté, on parlait sable chaud et palmiers, brumisateurs et ambre solaire, murs d'escalade, compétition de skate et ateliers smoothies. C'était le visage le plus souriant, le plus insouciant, le plus léger de l'été à Paris. De l'autre côté, on parlait hygiène et insalubrité, exil et asile, errance et désespérance. C'était la face la plus glauque de la réalité estivale dans la capitale. A la télé, de JT en JT, on passait sans crier gare d'un sujet à l'autre. Avec une fluidité et une décontraction totalement décomplexées. C'était vraiment bien, cette aisance télévisuelle. C'était très confortable.
Un Belge (mal en point)
le 21/07/2010 à 14h12
En ce 21 juillet ? pour les lecteurs non belges de ce blog: jour de fête nationale en Belgique ? , cette vision surgie l?autre jour au coin d?une rue de notre quartier Saint-Sébastien, dans le onzième arrondissement. Tintin gisant sur le sol, le corps transpercé par une sagaie, à côté de son chien Milou tout aussi mal en point, touché par une flèche. On ignore si, dans cette grande fresque murale, le sort infligé par cet artiste de rue au plus célèbre reporter de la BD belge relève du pur exercice créatif ou symbolise l?état de la Belgique et/ou de sa corporation journalistique.












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